Solidarité

La réalité malgache est difficile, et rend d’autant plus difficile toute reconquête morale. Face aux vahasas (les occidentaux), le villageois reçoit une image péjorative de lui-même, et intègre sa situation de « pauvre » comme un statut, comme un état contre lequel il ne peut lutter. Par conséquent, il se place inconsciemment en attente de recevoir, car pour lui, tout changement repose fatalement sur une intervention extérieure. L’individu y perd sa propre estime, ainsi que la confiance nécessaire à sa dignité.

Ce décalage est cependant transposable à notre société, qui cherche moins à éduquer les plus défavorisés qu’à les marginaliser, tout en les maintenant dans la dépendance, avec toutes les dérives que cela entraîne.

Le respect des populations locales, de leurs us et coutumes, ne suffit pas. Ils doivent se voir confier les clefs de la reconquête de l’estime de soi – nécessaire à celle de l’Autre -, et prendre part activement au redressement de leur propre situation afin d’infléchir celle de leur pays.

Ouverture, richesse, harmonie sociale, ce sont là de bien belles notions que l’association Mada M’Iza se propose d’essayer de concrétiser, à échelle réduite, en faisant se rencontrer ces populations fragilisées ; par leurs échanges, elles se découvriront des qualités et des approches insoupçonnées, pas uniquement réduites au seul savoir-faire.

Une prise de conscience de soi, à travers l’autre, pour que chacun appréhende ses propres difficultés, et agisse en connaissance de cause ; pour que chacun envisage aussi ses avantages, et leur nature véritable. Il est en effet possible de trouver des clefs de compréhension ici, mais aussi là-bas.

L’association MADA M’IZA propose en ce sens un lieu concret d’échange pour une expérience de vie unique – une volonté marquée par la construction du village d’accueil en 2014 – au sein du village d’Ampahantany.