Santé

Le programme suppose l’implantation d’une structure et d’une couverture médicale de base accessibles aux villageois, afin d’enrayer la mortalité – principalement infantile – ou les complications souvent dues à l’absence totale d’accès aux soins de proximité. Le « relais santé », construit en 2012, est une annexe officielle du centre de santé publique d’Andranokoditra (dont dépend Ampahantany). Il communique et sensibilise par des actions de prévention la population autour de diverses problématiques (hygiène, précautions élémentaires, etc.), mettant à profit son rayonnement et sa fréquentation assidue ; au-delà des besoins vitaux, le « prendre soin de soi » est un des axes majeurs dans la construction de la dignité.

Depuis son ouverture en avril 2013, le centre de santé a accueilli plus de 2000 patients, soit une moyenne de 100 malades par mois. Plus aucun décès d’enfants n’a été enregistré, mais beaucoup – surtout les moins de 5 ans – souffrent de malnutrition. Les taux de maladies respiratoires et de douleurs musculaires chez les adultes restent importants, et s’expliquent par leurs activités journalières qui demeurent inchangées : les habitants effectuent de nombreux travaux de force et l’activité principale du fokontany, le charbonnage, provoque des problèmes respiratoires. Quant au paludisme et à la diarrhée, leurs taux restent en dessous du seuil de menace nationale et arrivent à être contenus depuis le plan santé des associations.
L’agent de santé, sous l’autorité du District, prend en charge les soins d’urgence, les maladies contagieuses et infantiles, le suivi prénatal, l’attribution d’antibiotiques, la vaccination et les traitements par piqûres intramusculaires. Les maladies graves sont cependant traitées au centre d’Andranokoditra, et les interventions chirurgicales à Tamatave. Tous les soins et médicaments du centre de santé sont gratuits pour les habitants du fokontany d’Ampahantany – ceux des fokontany voisins peuvent en bénéficier, mais doivent s’acquitter de la consultation (500 Ariary, soit 0,20 €) et des médicaments à prix coûtant. Ce principe de gratuité est l’un des fondements du système de développement proposé par l’association, et sera à terme garanti par la caisse de solidarité locale. En attendant le développement des activités économiques, l’association finance le fonctionnement du centre de santé (salaire de l’agent, stocks), fournissant régulièrement, outre des médicaments complémentaires, du matériel pour son équipement. Son entretien et son aménagement font l’objet du premier chantier international, qu’il a permis d’envisager en garantissant la sécurité médicale des jeunes ; il symbole de fait ce premier exemple de solidarité internationale.